

Vous ne savez rien de Shuji Muraoka
Muriel de Rengervé
L’âme des autres nous est fermée. Ce qu’on dit de soi, y compris dans un journal intime, ce qu’on donne à voir aux autres est à chaque fois différent, et peut-être toujours faux.
Shuji Muraoka, écrivain japonais de la première moitié du XXe siècle librement inspiré d'Osamu Dazai, ressentit très tôt que vivre lui était un fardeau. Entre rejet de sa famille et de la société capitaliste, goût pour les femmes et addictions, il poursuivit son œuvre littéraire. Échouant plusieurs fois à se suicider, cette mort qu’il appelait ne voulait pas de lui.
La reconstitution d’une vie à travers des récits, des témoignages ou un journal intime révèle les multiples facettes d’un homme, donc l’infinie difficulté de connaître une personnalité – démarche encore plus périlleuse, et fascinante, quand il s'agit d'un écrivain.
Muriel de Rengervé, normalienne, agrégée et docteur en histoire, romancière, a reçu le prix Oulmont 2019 pour son essai littéraire Ma part d'animal.